AlgULg

Alumni en Géographie de l'Université de Liège

Portrait de Claudette Wildiers

Article publié dans le bulletin 2009, N°1

Retour sur sa vie professionnelle :

Claudette WildiersPourquoi avez-vous choisi la géographie ?

Je souhaitais étudier l'Homme dans son milieu, ce qui pouvait éventuellement déboucher sur l'enseignement, mais ce n'était pas la raison première.

Pouvez-vous retracer brièvement les étapes de votre vie active ?

Après mes études, j'ai d'abord travaillé à mi-temps comme chercheuse en géographie économique chez le professeur José Sporck. En parallèle, j'exerçais une charge à mi-temps dans l'enseignement secondaire.

J'ai ensuite obtenu une charge à plein-temps comme assistante chez le Professeur Charles Christians.

Dans le cadre du Développement des Régions Agricoles Défavorisées, la Communauté Européenne commanda une étude consacrée au Tourisme dans le Sud namurois. J'ai ainsi eu un contrat de 2 ans et demi pour réaliser cette recherche au Ministère de l'Agriculture.

Lassée par ces contrats temporaires, j'ai finalement opté pour un emploi dans le secteur du tourisme professionnel alors en pleine expansion. J'ai vu se développer ce secteur chez Thomas Cook où j'exerce maintenant depuis près de 25 ans pour la Belgique et la France. J'ai conservé pendant une dizaine d'années en parallèle quelques heures de cours dans l'enseignement en alternance.

Que vous ont apporté vos différents "métiers" sur les plans professionnel et personnel?

L'enseignement permet de transmettre connaissances et découvertes personnelles. J'ai apprécié cet aspect du métier en côtoyant les étudiants du secondaire, de l'université et de la section "Agents de Voyages" à l'école du Château Massart à Liège.

Un autre aspect positif de cette fonction est l'existence de grandes vacances qui permettent de réaliser de longs séjours à l'étranger. Je garde ainsi un souvenir de dépaysement très particulier d'un voyage au Rwanda et au Burundi, mais également d'une région plus proche mais si variée: la Corse.

Lorsque je travaillais pour la C.E., j'ai surtout aimé les contacts que j'ai entretenu avec les intervenants du secteur touristique régional.

Quelle fut la période la plus valorisante de votre carrière?

Sans hésiter mon travail dans le secteur du Tourisme professionnel. J'y suis devenue "fabricante de vacances". Ce travail à responsabilités présente des aspects réellement enthousiasmants :

  • d'une part, la recherche d'une destination, le choix d'un logement, l'élaboration d'un circuit et le calcul d'un prix qui conduisent à une proposition de "produit fini" à présenter au client ;
  • d'autre part, la réalisation d'un catalogue présentant les "forfaits" (transport et séjours), brochure qui doit non seulement être attrayante car elle permettra à la clientèle de transformer ses rêves en réalité, mais aussi la plus exacte possible car elle représente le support légal de ces rêves. Le tourisme de masse ouvre en effet le monde à une population qui ne pourrait y accéder par des voyages individuels. On vend du rêve, certes, mais il faut tenir compte du vacancier. C'est du commerce mais avec une réelle importance de la facette humaine : quand elle part en vacances, une famille avec des enfants a épargné, est transportée en avion, doit être accueillie et séjourner dans un hôtel-club correspondant à son rêve initial ;
  • enfin, c'est un secteur commercial exigeant, stressant, aux faibles marges bénéficiaires, avec une rude concurrence mais en constante évolution. Il faut rester rentable, créatif, flexible. Bref, un métier passionnant.

En quoi votre formation de géographe vous a-t-elle aidée ou handicapée dans votre carrière?

Côté handicap, je relèverai surtout l'absence de notions de droit, de marketing et de sciences économiques dans mon cursus. En effet, je suis devenue "géographe-marchande de soleil" et j'ai dû apprendre sur le tas ces matières indispensables dans le secteur du tourisme commercial. Il en va d'ailleurs de même de l'informatique (qui n'était qu'effleurée de façon théorique à l'époque de mes études) et des langues dont la connaissance est devenue un fameux atout pour discuter avec les interlocuteurs (et puis c'est amusant : j'en "baragouine" cinq !).

Ma formation m'a, par contre, aidée par une sensibilisation aux diverses cultures, par une capacité à lire un paysage qui sera mis en valeur pour le touriste, par une vision globale du monde que m'ont donnée des études faisant la synthèse de plusieurs disciplines.

Un regret lié à votre formation?

J'ai toujours regretté le manque de précision géographique des cartes utilisées dans les brochures touristiques. J'ai donc tenté de palier à ce défaut en insistant sur la nécessité d'ajouter orientation, échelle et repères géographiques notamment.

Et puis une frustration : se rendre dans de nombreuses destinations afin de visiter des hôtels sans avoir assez de loisirs pour découvrir le pays !

En conclusion, « Géographe un jour, géographe toujours » quelle que soit l'activité que l'on exerce?

Par son évolution constante, la géographie se rapproche de la réalité (économique, politique...) et des problèmes des populations, d'environnement, de qualité de vie, de développement durable... autant de domaines abordés de longue date par le géographe. Il est donc non seulement intéressant de trouver des réponses à une foule de questions qui surgissent au cours des années, mais également si passionnant de se rendre compte que de nouvelles interrogations continuent de nous intriguer. C'est pourquoi cette « bonne vieille géo », même si elle prend d'autres noms, reste bien la science de l'Homme dans son milieu, et elle continue de m'enthousiasmer. Vu sa grande ouverture sur le monde, il est toujours positif de retrouver un géographe dans une équipe pluridisciplinaire. Tant dans mes tâches de formation que dans celles plus commerciales, et même dans la vie de tous les jours, la géographie ne me quitte jamais vraiment.

Merci Claudette de nous avoir accordé quelques instants de votre temps si précieux.

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