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Alumni en Géographie de l'Université de Liège

Portrait de Marc Salmon

Article publié dans le bulletin 2011, N°3

Retour sur son choix quant à sa profession de géographe :

Pourquoi avez-vous choisi d'étudier la géographie à l'Université de Liège ?

Durant mes études secondaires, j’ai suivi une filière la plus générale possible (Grec-Math) qui m’a permis d’avoir de bonnes bases scientifiques, mais aussi une ouverture à la philosophie.

Mon choix pour la géographie fut assez tardif. En 5ème secondaire, le centre PMS m’avait imposé un rendez-vous avec un psychologue car j’étais trop indécis dans mes choix de carrière. J’ai donc rempli trois heures durant deux questionnaires sur un ordinateur. L’heureux hasard m’a attribué « agronome » comme résultat.

Au final, je pense que mon attirance pour le cours de géographie quel que soit le professeur et le fait de suivre une filière scientifique sans être cloisonné dans une science en particulier sont les principaux facteurs ayant motivé mon choix.

Après des candidatures à Namur, pour des raisons de proximité, mon attirance pour la géographie physique a orienté ma destinée sur Liège. Cette université était déjà la seule, en Belgique francophone, qui avait une filière étoffée dans ce domaine de la géographie.

Quelles ont été les différentes étapes de votre carrière ?

En 1999, l'année de l’obtention de mon diplôme, le Prof. André Ozer voyant partir plusieurs chercheurs de son laboratoire, m’a proposé de suivre un projet sur la cartographie des contraintes karstiques en Wallonie ; Un second projet ayant été pris en charge par Adrien Legat.

Ma capacité à me fondre dans un environnement technique m’a permis d’assimiler rapidement les logiciels de cartographie et de traitement d’image du laboratoire.

J’ai poursuivi l’étude de risques naturels (karst, éboulements, glissements de terrain) en Région wallonne jusqu’en 2002, date à laquelle Jean-Christophe Schyns m’a succédé. J’ai préféré me focaliser sur l’analyse par télédétection de ces mêmes risques naturels et sur leur prise en compte en aménagement du territoire. J’ai assumé de nombreux contrats de recherche, de formation et de coopération qui m’ont permis de voyager dans de nombreux pays d’outre-mer.

Après 11 années, le Prof. André Ozer pensionné, il était devenu difficile de poursuivre dans cette voie.

C’est alors que la DGARNE (SPW/DGO3) a ouvert un poste destiné à un géographe pour prendre en charge la cartographie de la nouvelle Carte géologique de Wallonie, ainsi que la gestion des autres données relatives au sous-sol de Wallonie. Outre le fait que ce poste était à proximité immédiate de mon lieu de résidence, il me permettait de mettre en valeur tout ce que j’avais effectué précédemment.

En un an, outre la numérisation et la diffusion d’une partie des données de la Carte géologique de Wallonie, j’ai pu mettre en ligne un site (carto1.wallonie.be/soussol) reprenant une partie des thématiques « sous-sol ». Il s’agit notamment de la cartographie des zones de contrainte en relation avec certains risques naturels (karst, glissements de terrain et éboulements), des gisements et puits de mine, des minières de fer et autres exploitations souterraines, … Certaines données résultent des projets menés précédemment à l’université.

Quels ont été les apports de votre formation de géographe sur le plan de votre vie professionnelle ?

La géographie m’a permis de m’insérer rapidement dans des projets multidisciplinaires. Pour autant que l’on évite le terrain réservé aux sciences dures et que l’on apporte sa vision transversale, on trouve pleinement sa place.

Cette formation a également permis que je fasse un séjour de 3 mois au Maroc dans le cadre de mon mémoire. Ce fut une expérience des plus enrichissantes. A un moment relativement crucial de mon cursus, elle m’a obligé à m’adapter à un environnement de travail totalement différent.

Et sur le plan personnel ?

Elle m’a permis d’acquérir très rapidement un emploi et de ne jamais être au chômage. En comparaison avec d’autres disciplines mêmes scientifiques, les géographes n’ont pas de réelles difficultés à trouver du travail.

Enfin, de nature réservée, la géographie m’a permis de trouver une place dans la société de manière progressive. La relative petite taille des promotions et le peu de compétition entre leurs membres sont à ce titre des avantages de premier plan.

Quelle est la période la plus valorisante de votre carrière sur le plan personnel ?

Dans la première étape de ma carrière, je citerai l’encadrement des mémorants, des doctorants et autres chercheurs. Je n’ai jamais fermé la porte à quelqu’un et je m’en félicite. J’ai appris énormément tant techniquement qu’humainement en tentant de résoudre les problèmes de chacun.

Sinon, je dirai l’actuelle. Elle me permet de laisser s’exprimer tout ce que j’ai accumulé précédemment, avec des résultats concrets à la clé.

Avez-vous des regrets quant à la formation que vous avez reçue ?

Dans le milieu universitaire, j’ai rencontré de nombreux chercheurs déçus du caractère trop basique de leurs connaissances à partir du moment où ils approfondissent "trop" un domaine spécifique ; un physicien est toujours meilleur qu’un géographe en modélisation ou en traitement du signal, ... Personnellement, j’ai toujours préféré me limiter à faire valoir mes capacités à observer et à analyser le territoire.

Par contre, si c’était à refaire, je tenterais le programme Erasmus. Outre la pratique des langues, être plongé dans une autre culture oblige à s’adapter. Ces deux compétences sont primordiales dans une carrière. Mon expérience au Maroc fut du même ordre.

Si c'était à refaire, feriez-vous encore le même choix d'études ?

Plutôt deux fois qu’une ! La géographie est en parfaite adéquation avec mon caractère et mes centres d’intérêts. Le psychologue, ou plutôt son ordinateur, rencontré en 5ème secondaire ne s’était pas trop trompé.

Le but que vous recherchiez en tant qu'étudiant est-il atteint ? Dans le cas contraire, que voudriez-vous encore accomplir ?

J’espère m’épanouir pleinement dans la deuxième partie de ma carrière. Le fait d’être inséré dans un projet à long terme, avec un produit final concret, comme la révision de la carte géologique me satisfait au plus haut point.

En outre, trois challenges s’annoncent : le mise en ligne d’un nouveau site internet de présentation des thématiques « sous-sol », la préparation d’un outils automatisé de délivrance d’un certificat du sous-sol et la modélisation tridimensionnelle de la géologie d’une portion du territoire wallon.

Je souhaitais ne pas m’ennuyer, me voici comblé !

Quel professeur vous a le plus marqué durant vos études universitaires et pourquoi ?

Mis à part le Prof. André Ozer pour lequel j’ai travaillé, je dirai le Dr. Etienne Juvigné. Il avait conscience de son rôle d’enseignant et de la nécessité de ne pas former des singes savants, mais de bons observateurs du milieu et des critiques. Dans la même veine, pour ceux qui sont passés par Namur, j’ajouterai aussi le Prof. Pierre Overlau pour sa volonté inégalée à vouloir transmettre.

A vrai dire, les professeurs qui alliaient une grande compétence didactique et une bonne approche du terrain ont toujours eu grâce à mes yeux.

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